Retour sur la rencontre publique du 28 février

Le 28 février 2026 s’est tenue la rencontre publique (1) organisée par la liste « Bien vivre à Saint Jean » , conduite par le maire sortant, M. Olivier BARRÉ.

Cette réunion s’inscrivait dans la campagne en vue des élections municipales du 15 mars prochain.

Une petite quarantaine de Saint-Jeannais était présente à cette rencontre publique, ce qui représente une participation très modeste, d’autant qu’il s’agissait de l’unique réunion organisée dans le cadre des élections municipales de 2026 (2). Il est vrai que la rencontre s’est déroulée un samedi après-midi particulièrement ensoleillé, ce qui a pu influer sur la mobilisation. On notait par ailleurs une quasi-absence de jeunes, l’âge moyen de l’assistance s’orientant davantage vers les seniors.

Dans un premier temps, chaque membre de la liste « Bien vivre à Saint Jean » (3) s’est présenté à tour de rôle devant le public. À l’issue de cet exercice, les participants ont été conviés à prendre part, durant une trentaine de minutes, à des ateliers thématiques. Chaque participant pouvait contribuer à un ou plusieurs ateliers.

Cinq thèmes étaient proposés :

  • Tourisme et communication
  • Mobilité
  • Intergénérationnel
  • Travaux et aménagement
  • Protection, prévention

À l’issue du temps de travail en groupes, un moment de restitution collective a permis de présenter les principales idées formulées dans chacun des cinq ateliers.

Cette synthèse offre un aperçu des attentes exprimées et des priorités perçues par les participants.

Tourisme et communication

Ce thème vise à réfléchir à l’attractivité et à l’image de la commune. Il s’agit d’identifier les atouts de Saint‑Jean‑sur‑Mayenne et d’examiner comment mieux les valoriser, tant auprès des habitants que des visiteurs.


Parmi les idées évoquées figurent le recensement des gîtes et hébergements présents sur la commune afin de mieux informer les touristes, ainsi qu’une amélioration de la signalétique, notamment sur les pistes cyclables, avec l’indication des kilométrages pour faciliter les déplacements. La création de chemins de randonnée a également été mentionnée, demande déjà exprimée en 2020 et qui, à ce jour, n’a pas abouti — à l’instar de la question récurrente de l’implantation d’un restaurant, régulièrement évoquée lors des échéances électorales. Plusieurs participants ont suggéré de remettre en service le panneaux d’affichage municipale afin de renforcer la communication auprès des habitants. La refonte du site internet « qui est complètement à revoir » (4). Beaucoup d’idées exprimées dans cet atelier, idées plus ou moins réalistes.

Protection et prévention

Le thème de la protection, élargi à la notion de prévention, recouvre plusieurs dimensions : sécurité des personnes et des biens, anticipation des risques, protection de l’environnement et qualité du cadre de vie. Il ne s’agit pas seulement de réagir face aux difficultés, mais aussi de mettre en place des actions préventives permettant de limiter les accidents, d’améliorer la sécurité et de renforcer la résilience de la commune.

Parmi les propositions formulées figurent l’amélioration de l’outillage communal et la remise en état des routes et chemins dégradés.
La sensibilisation à l’usage des défibrillateurs a également été évoquée, avec un volet formation du personnel communal et des habitants, ainsi que l’organisation de stages de secourisme et de formation aux premiers secours.
La sécurisation du plateau à la sortie des écoles, problématique soulevée à chaque échéance électorale, a de nouveau été mise en avant. Les participants ont aussi proposé d’identifier plus clairement les accès PMR (personnes à mobilité réduite). Enfin, la création d’une piste cyclable reliant l’école à la place du Verger a été suggérée, proposition dont la faisabilité financière interroge au regard des capacités budgétaires actuelles de la commune.
Il convient toutefois de relever qu’aucune idée significative n’a été avancée concernant la protection de l’environnement. Cette absence interroge sur la place accordée aux enjeux environnementaux dans les priorités exprimées.

Ces orientations, souvent déjà exprimées par le passé, témoignent de préoccupations récurrentes et soulignent l’importance de passer du constat à la mise en œuvre effective.

Intergénérationnel

Ce thème invite à réfléchir au lien entre les générations : place des jeunes, accompagnement des aînés, initiatives favorisant la rencontre et la solidarité. Il s’agit de penser des actions qui renforcent la cohésion sociale, soutiennent les familles et valorisent l’engagement des seniors comme des plus jeunes. L’enjeu est de construire une commune inclusive, où chacun trouve sa place et peut contribuer à la vie collective.

Lors de l’atelier, les échanges ont largement porté sur les aînés, reflet de la composition même des participants. Un constat a été partagé : la part des seniors dans la population communale devrait augmenter dans les années à venir. L’association Génération Mouvement, dédiée aux rencontres et activités des aînés, observe toutefois une baisse des inscriptions, les « nouveaux retraités » privilégiant des activités individuelles. Cette évolution rend plus complexe la mobilisation collective de cette tranche d’âge.

Plusieurs pistes ont été évoquées : organiser des formations intergénérationnelles, notamment autour de l’informatique ; proposer des ateliers de sensibilisation aux arnaques en ligne et à l’intelligence artificielle, ouverts à tous les publics ; permettre à des personnes âgées de témoigner de leur parcours de vie auprès des jeunes, par exemple dans un cadre scolaire. D’autres sujets récurrents ont été mentionnés, comme la mise en place d’un Pédibus (5) ou la création d’une salle de sport, propositions déjà présentes lors de précédentes campagnes électorales.

Le débat a mis en évidence la difficulté du sujet. La commune est appelée à proposer des initiatives renouvelées et adaptées aux évolutions sociétales, au-delà des dispositifs traditionnels tels que le repas des aînés, afin de répondre réellement aux attentes des différentes générations.

Mobilité

La mobilité concerne les déplacements du quotidien : transports en commun, circulation automobile, mobilités douces (marche, vélo), stationnement, liaisons avec les communes voisines et l’agglomération. Dans une commune de seconde couronne comme Saint‑Jean, ces enjeux sont très concrets et touchent toutes les générations.

Le sujet s’est révélé particulièrement complexe, la mobilité — et notamment les transports en commun — relevant de la compétence de Laval Agglomération. S’il existe une ligne de transport scolaire, aucune ligne régulière de bus ne dessert la commune en journée. Une forte attente s’est exprimée sur ce point, demande récurrente à chaque échéance électorale.

Les échanges ont également fait apparaître un besoin accru de communication sur les services annexes tels que MobiTUL (6) et TULIB (7) , encore mal connus d’une partie des habitants ou perçus comme difficiles d’accès dans leur fonctionnement. Par ailleurs, des demandes plus locales ont été formulées : entretien des pistes cyclables, des trottoirs et des chemins, ainsi que sécurisation de l’accès piéton au cimetière, jugé dangereux.
Au total, peu d’idées véritablement nouvelles ont émergé, mais une insistance marquée sur la question des transports collectifs, qui demeure un enjeu central et non résolu pour la commune.

Travaux et aménagement

Cet atelier porte sur l’évolution du cadre de vie : entretien des équipements communaux, projets d’investissement, aménagement des espaces publics, urbanisme et développement maîtrisé du bourg. Les choix réalisés dans ce domaine engagent la commune sur le long terme et doivent tenir compte des capacités financières. L’objectif est de recueillir des priorités et des propositions concrètes pour orienter les futurs aménagements.


Plusieurs demandes précises ont été formulées. La réfection de trottoirs particulièrement dégradés, notamment dans le secteur du Verger, a été signalée comme prioritaire. Au cimetière, il a été proposé de créer un jardin du souvenir, actuellement inexistant, d’acquérir un columbarium supplémentaire et de doter le site d’un règlement intérieur. La question des pistes cyclables dans la commune a également été évoquée, rejoignant les préoccupations exprimées dans d’autres ateliers.

Le fleurissement de la commune a été mentionné, avec une attention particulière portée à la consommation d’eau en période estivale. Les travaux d’assainissement rue Maurice Courcelle, non réalisés lors du précédent mandat pour des raisons budgétaires, ont aussi été rappelés. L’entretien du terrain communal situé derrière le lotissement du Closeau, aujourd’hui en friche, a été soulevé. Enfin, l’idée de créer une « réserve communale » composée de volontaires susceptibles d’intervenir pour certains petits ou moyens travaux a été avancée.

Ces propositions traduisent une attente forte en matière d’entretien et d’amélioration du cadre de vie, dans un contexte où chaque décision devra être arbitrée au regard des contraintes financières de la commune.

À l’issue de ces cinq ateliers thématiques, un troisième temps était consacré à une intervention des élus, intitulée :

« Priorités pour Saint-Jean-sur-Mayenne »

Le troisième temps annoncé, « Priorités pour Saint‑Jean‑sur‑Mayenne », s’est en réalité révélé être la présentation d’un pseudo mini-programme électoral particulièrement décevant.
Cette séquence a pris la forme d’un pot-pourri de vieilles idées déjà avancées lors de la campagne de 2020, telles que le conseil municipal des enfants, la formation aux premiers secours ou encore la valorisation de l’oppidum de Saint-Jean (8). Autant de propositions qui n’ont jamais été mises en œuvre durant la mandature qui s’achève.

D’autres annonces se sont révélées plus surprenantes, comme l’acquisition d’une navette électrique destinée à transporter des Saint‑Jeannais en liaison avec Louverné et Changé, une sorte de mini-réseau TUL local, censé permettre d’évaluer la demande de transport à Saint-Jean. Cette navette serait conduite par un membre de la « réserve citoyenne ». A également été évoquée la construction d’un bâtiment (une salle de sport ?) supposément autofinancé grâce à la revente locale de l’électricité qu’il produirait. Chacun appréciera le sérieux de ces deux propositions.

Malgré ce troisième temps raté, les échanges en ateliers ont offert un tout autre visage de la journée.

Une richesse d’idées… et une question centrale

Heureusement, les ateliers ont été riches en propositions, parfois nombreuses et concrètes, certaines idées revenant de manière récurrente dans plusieurs ateliers. Toutes ne semblent cependant pas en adéquation avec les capacités financières de la commune pour les années à venir. La question budgétaire a d’ailleurs été une préoccupation constante du maire, qui, pour bon nombre d’idées, ponctuait son intervention d’un refrain rassurant : « cela ne coûte pas grand-chose ». Cette insistance traduit en creux la contrainte financière pesant sur la commune et l’importance de l’endettement (9) , sujet sur lequel une information plus claire et plus complète des Saint‑Jeannais serait bienvenue.

Ce constat ramène au point central déjà soulevé : sans bilan sérieux et sincère des réalisations et des échecs de la mandature qui s’achève, au regard des promesses et du programme électoral de 2020, il est difficile de donner à ces échanges toute leur portée. Rendre compte, analyser, puis projeter demeure la condition d’une participation crédible. À défaut, une telle rencontre risque de s’apparenter davantage à une opération de communication qu’à un véritable exercice démocratique fondé sur la transparence et la responsabilité.

Le prochain rendez-vous démocratique avec les Saint‑Jeannais ne peut pas attendre six ans.

P.S. : J’invite les Saint‑Jeannais à surveiller leur boîte aux lettres : le programme 2026-2032 du maire devrait prochainement être distribué. Chacun pourra ainsi en apprécier le contenu (10).


Notes

(1) Voir l’article du Blog de Saint-Jean « Bien vivre… ou bien flou ? La participation à Saint‑Jean à l’épreuve »

(2) À cette réunion était présent un candidat pour deux habitants !
La commune de Saint‑Jean‑sur‑Mayenne compte 1 201 électeurs pour 1 764 habitants. (Source INSEE – POPREF T1 Populations de référence au 1er janvier 2023, commune de Saint‑Jean‑sur‑Mayenne – 53229).
Les populations de référence millésimées 2023 entrent en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Elles sont authentifiées par le décret n° 2025-1362 du 26 décembre 2025.

(3) Pour la composition de la liste, voir l’article du Blog de Saint-Jean « Bien vivre à Saint Jean, la liste ».
Sur le site du ministère de l’intérieur : Municipales 2026, liste « Bien Vivre à Saint Jean »

(4) voir l’article du Blog de Saint-Jean « Mairie de Saint‑Jean, un site à l’abandon ».

(5) Des parents ou des bénévoles qui, à tour de rôle, accompagnent les élèves à l’école à pied, tel est le principe du Pédibus. Un bon moyen de réduire son empreinte écologique, tout en favorisant le lien social et en responsabilisant les enfants.

(6) MobiTUL est un service de transport en commun de substitution au réseau classique des TUL pour les personnes à mobilité réduite.
Voir la page MobiTUL sur le site officiel de Laval Agglo.

(7) TULIB est le service de transport à la demande qui vous permet de rejoindre des points d’intérêt du quotidien et les lignes régulières du réseau TUL.
Voir la page TULIB sur le site officiel de Laval Agglo.

(8) Voir le fichier audio du conseil municipal du 11 mars 2021, à partir de 00:12:32, Intervention de M. Denis MORVAN Échanges sur des « projets » (oppidum, sentiers de rando).

(9) Pour la rénovation de l’Aquarelle, la municipalité a eu recours à des emprunts massifs en 2025 :
• 140 000 € sur 24 mois, à taux fixe de 2,87 % ( délibération 2025-28457.64 Kio du conseil municipal du 19 juin 2025).
• 660 000 € sur 20 ans, à taux variable indexé sur le Livret A à 2,30 % à la signature
( délibération 2025-39493.8 Kio du conseil municipal du 02 octobre 2025).

Ajout du 7 mars 2026
(10) Le programme de la liste « Bien vivre à Saint-Jean » distribué dans les boîtes aux lettres des Saint-Jeannaises et Saint-Jeannais :