Dans la perspective des élections municipales de 2026, les divers candidats, qu’ils soient de la majorité sortante ou d’une opposition nouvellement déclarée, doivent s’interroger sur l’utilité de réaliser un audit des finances de la commune.


Si l’objectif premier de l’audit financier consiste à caractériser, de façon objective et indépendante, la situation budgétaire et financière de la collectivité, en se basant sur une batterie d’indicateurs indiscutables (épargne brute et nette, capacité de désendettement) (1), la finalité et le déroulement de celui‑ci dépendent de la situation du candidat.

L’audit financier de fin de mandat

Pour le candidat-maire sortant, la réalisation d’un bilan de son mandat passé, sur la base d’un audit financier de fin de mandat, lui permet de décrire, préciser et clarifier les évolutions des différents postes de dépenses et de recettes. Ce bilan doit permettre au maire sortant de mettre en exergue les réponses apportées par son équipe aux difficultés rencontrées. De montrer la maîtrise de la gestion des investissements et de l’endettement de la commune, en relation avec les projets réalisés lors de sa mandature.
Un audit financier de fin de mandat peut renforcer la transparence de la gestion financière de la municipalité et accroître la crédibilité du candidat-maire. Cela montre aux électeurs le sérieux de l’équipe sortante au sujet de la bonne gestion des finances publiques.

En réalisant un audit financier de fin de mandat, le candidat-maire se prépare à d’éventuelles critiques concernant la gestion passée de la municipalité. Il est utile et important de pouvoir clairement exposer aux habitants les contraintes rencontrées et les réalisations effectuées dans un contexte difficile (2).
Enfin, la publicité de ce bilan (3) auprès des habitants ne peut que démontrer une volonté de transparence et de responsabilité, qui peut séduire les électeurs.

L’audit financier de début de mandat

Pour le nouvel élu au mandat de maire, la finalité de l’audit des finances diffère quelque peu. Si l’approche rétrospective reste la même que l’audit de fin de mandat (4), l’approche prospective se doit d’être développée.

Au-delà de l’analyse de la situation à un instant « t », il s’agit, pour le nouveau maire, de se doter des outils pour envisager sereinement le déroulement du mandat.
À partir des objectifs politiques de campagne de l’équipe municipale, l’étude prospective doit intégrer les conséquences budgétaires et financières pour proposer des arbitrages politiques et/ou techniques aux élus.

L’audit financier de début de mandat doit constituer un outil de partage de l’information et des objectifs des équipes nouvellement installées.
L’exécutif de la collectivité peut favoriser ce partage de l’information à trois niveaux :
Associer les cadres et les agents assurera une meilleure intégration des objectifs politiques et de gestion. Impliquer l’ensemble de l’équipe municipale lors des phases de restitution et de scénarios, c’est agir pour leur formation aux grands équilibres et à la gestion budgétaire et financière. Tenir informée la population constitue la troisième option. L’audit de début de mandat devient alors un outil de communication auprès des citoyens.

L’audit financier, un outil pour construire la confiance

Les audits financiers, qu’ils soient réalisés à la fin ou en début de mandat (ou à tout moment du mandat), sont essentiels pour garantir une gestion saine et transparente des collectivités territoriales. Ils offrent une évaluation critique de la gestion des finances publiques, permettant ainsi aux citoyens de mieux comprendre l’utilisation des fonds et les décisions des élus (5). En renforçant la responsabilité des acteurs en place et en fournissant aux nouvelles équipes un cadre d’analyse pour orienter leurs actions, ces audits contribuent à instaurer un climat de confiance au sein de la communauté. En définitive, ils sont des outils fondamentaux pour promouvoir la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques, renforçant ainsi la confiance des citoyens et assurant un service public qui répond véritablement à leurs attentes.


Notes

(1) L’approche rétrospective d’un audit financier doit aussi comprendre une analyse de l’évolution récente des principaux postes en dépenses, et en recettes et présenter une comparaison détaillée de la situation comptable par rapport aux collectivités de la strate ou à un panel de collectivités comparables.

(2) Personne ne peut contester que la mandature 2020-2026 fut particulièrement éprouvante pour les collectivités et les élus locaux avec la succession de crises diverses et variées (Covid-19 dès le début de mandat, contexte inflationniste depuis 2023, bouleversement de la fiscalité directe locale, etc).

(3) La valorisation de ce bilan auprès des habitants doit se réaliser dans le respect des dispositions du Code électoral qui encadrent la communication institutionnelle lors des périodes pré-électorales. La présentation des réalisations ou de la gestion d’une collectivité ne doit pas constituer une campagne de promotion publicitaire au sens des dispositions de l’article L. 52-1 du Code électoral.

(4) L’audit financier de début de mandat doit aussi être un outil de vérification de la bonne gestion précédente. Il doit permettre d’identifier d’éventuelles irrégularités, gaspillages ou détournements de fonds.

(5) À condition que ces audits soient rendus publics. Leur publication est un gage de transparence pour les citoyens.