Un calendrier électoral sous tension en 2032
Les conseillers municipaux élus les 15 et 22 mars 2026 sont censés exercer un mandat de six ans, conformément à l’article L227 du Code électoral (1). Leur mandat devrait ainsi s’achever au printemps 2032. Or cette échéance coïnciderait avec l’élection présidentielle, créant un risque de congestion du calendrier électoral. La tenue de l’élection présidentielle au printemps 2032 pourrait en effet compliquer l’organisation des élections municipales prévues la même année. Un report du scrutin, déjà pratiqué par le passé, est donc envisagé.
Un précédent en 2007, et un report encadré par la loi
Une telle situation n’est pas inédite. La loi n° 2005-1563 du 15 décembre 2005 (2) avait déjà prorogé d’un an le mandat des conseillers municipaux (3) et généraux renouvelables en 2007, repoussant les municipales de mars 2007 à mars 2008 afin d’éviter leur concomitance avec la présidentielle.
Un éventuel report des municipales de mars 2032 nécessiterait l’adoption d’une loi spécifique, précédée d’une concertation avec les élus locaux. La nouvelle date devrait respecter la jurisprudence du Conseil constitutionnel, qui admet un report exceptionnel à condition qu’il demeure limité dans le temps et qu’il garantisse aux électeurs la possibilité d’exercer leur droit de suffrage selon une périodicité raisonnable.
Plus récemment, le second tour des élections municipales de 2020 avait été décalé de mars à juin en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19 (4) . De même, afin d’éviter un chevauchement avec l’élection présidentielle de 2027, le mandat des conseillers régionaux et départementaux avait été prolongé d’un an en janvier 2021. Les élections correspondantes sont ainsi prévues en 2028, soit sept ans après les précédentes.
Jusqu’à six tours de scrutin en quelques mois ?
Au-delà de la forte sollicitation des électeurs — avec le risque d’une baisse de la participation — l’organisation quasi simultanée de la présidentielle et des municipales poserait d’importantes contraintes logistiques aux communes.
Par ailleurs, des élections législatives pourraient également intervenir en 2032 si le nouveau président de la République décidait de dissoudre l’Assemblée nationale à son entrée en fonction afin de tenter d’obtenir une majorité parlementaire.
Sans aménagement du calendrier, jusqu’à six tours de scrutin pourraient ainsi se tenir au cours du premier semestre 2032.
Une année de plus à Saint‑Jean… pour quoi faire ?
Élu conseiller municipal pour la première fois en 2001, devenu maire en 2011 sans jamais quitter le paysage local, Olivier BARRÉ, maire sortant, s’apprête à briguer un cinquième mandat (5). Une longévité qui confine désormais à une incrustation durable dans le décor institutionnel. Et comme si ces décennies ne suffisaient pas, les Saint‑Jeannais pourraient écoper d’une année supplémentaire de gouvernance inchangée.
Car pour les habitants, cette hypothétique prolongation ne serait pas un simple ajustement technique. Elle pourrait surtout signifier douze mois de plus d’une gestion routinière, en copier-coller, prolongeant un cycle engagé depuis près d’un quart de siècle. Un an de plus à voir se reconduire les mêmes habitudes, les mêmes improvisations, les mêmes priorités, les mêmes silences, les mêmes manquements — bref, un an supplémentaire à demeurer dans un présent qui ressemble obstinément au passé.
À ce rythme, le futur mandat pourrait sembler long. Vraiment très long.
Notes
(1) Cf. Article L227 du Code électoral.
(2) Cf. Loi n° 2005-1563 du 15 décembre 2005.
(3) À l’époque, M. Olivier Barré était déjà membre, depuis 2001, du conseil municipal de Saint-Jean-sur-Mayenne.
(4) Le premier tour des élections municipales de 2020 se tient, de façon controversée, le dimanche 15 mars 2020, en pleine pandémie de Covid-19. En raison de celle-ci, le second tour, initialement prévu le dimanche 22 mars, est d’abord reporté sine die, puis au dimanche 28 juin. De même, les élections des maires et adjoints des 30 143 communes dont le conseil municipal a été élu au complet dès le premier tour sont reportées au mois de mai : le mandat des conseillers municipaux et communautaires de la mandature 2014‑2020 est ainsi prorogé jusqu’à l’entrée en fonction des nouveaux élus.
(5) Cf. Article « Les élections municipales de 2026 Acte III Le dénouement », mais aussi « Saint-Jean 2026 » sur le Blog de Saint‑Jean